Les routes du trafic de cocaïne évoluent constamment, à mesure que les groupes criminels s’adaptent à la géographie, à la pression des forces de l’ordre et aux nouvelles opportunités. En Amérique latine et dans les Caraïbes, ces évolutions créent et redessinent des corridors reliant les régions productrices aux marchés en France et dans le reste de l’Europe.
Corridors de la cocaïne rassemble les recherches de la GI-TOC sur ces dynamiques à travers une série de rapports, de webinaires et six études de cas. Ensemble, ils examinent l’évolution des routes du trafic, les acteurs impliqués et les connexions régionales qui façonnent le commerce de la cocaïne.
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Entre 2025 et 2026, les équipes de recherche de la GI-TOC ont retracé la chaîne d’approvisionnement en cocaïne, depuis les régions productrices de coca en Colombie, à travers l’Amazonie et les Caraïbes, jusqu’en Europe, montrant comment les routes du trafic s’adaptent lorsque les forces de l’ordre ferment un corridor.
RAPPORT
Colombie, Flux de cocaïne vers les marchés européens : la revitalisation des itinéraires caribéens
La Colombie reste le principal pays producteur de cocaïne au monde, tandis que les Caraïbes retrouvent un rôle stratégique comme corridor reliant les zones de production aux marchés européens. Les Caraïbes colombiennes associent une situation géographique favorable, de nombreux points de sortie maritimes et des infrastructures de contrebande anciennes que les groupes criminels adaptent à l’évolution des contrôles et des marchés.
Ce rapport retrace l’acheminement de la cocaïne depuis les principales zones de production colombiennes jusqu’aux ports commerciaux et de substitution du littoral caribéen. Il examine les itinéraires internes reliant les zones de culture aux points de sortie, ainsi que les modalités maritimes, terrestres et aériennes utilisées pour poursuivre l’acheminement. Le trafic maritime reste le principal mode de transport et s’appuie sur des ports officiels, naturels et informels liés à des groupes armés locaux et à des réseaux criminels transnationaux.
L’étude analyse également le rôle croissant du Venezuela, de la République dominicaine et des Petites Antilles dans les flux de cocaïne vers l’Europe. Elle souligne la nécessité de renforcer la coopération régionale, d’adopter une approche plus globale de la sécurité portuaire et de tenir compte des conditions structurelles qui favorisent la participation des communautés côtières et insulaires aux réseaux de trafic.
Principales conclusions
- Les Caraïbes colombiennes ont retrouvé un rôle stratégique dans le trafic de cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe.
- Les flux internes relient les zones de production aux itinéraires de sortie et sont façonnés par le contrôle territorial et les dynamiques du conflit armé.
- Le trafic maritime constitue le principal mode d’acheminement de la cocaïne dans les Caraïbes colombiennes.
- L’Ejército Gaitanista de Colombia (EGC) domine les Caraïbes occidentales, tandis que les itinéraires des Caraïbes orientales restent disputés.
- Le Venezuela, la République dominicaine et les Petites Antilles jouent un rôle croissant dans les flux de cocaïne vers l’Europe.
- La lutte contre ce trafic nécessite une coopération régionale renforcée, une meilleure sécurité portuaire et des réponses associant sécurité, développement économique et renforcement institutionnel.
AUTRES RAPPORTS DE CORRIDORS DE LA COCAÏNE
Amazonie brésilienne : nouveaux corridors de trafic et expansion du contrôle criminel
Ce rapport examine comment les itinéraires du trafic de cocaïne à travers l’Amazonie brésilienne se réorientent vers l’Amapá et les marchés européens, parallèlement à la montée en puissance du Comando Vermelho et à la diversification des méthodes de trafic. Il analyse également les liens croissants entre le trafic de cocaïne et l’orpaillage illégal.
SÉRIE DE WEBINAIRES
Corridors de la cocaïne (Partie I) :
Nnouvelles dynamiques à travers l’Amazonie et les Caraïbes
Regardez le premier webinaire de Corridors de la cocaïne et découvrez l’évolution des routes du trafic à travers l’Amazonie et les Caraïbes.
La discussion retrace les routes des Andes à la côte caraïbe et leurs connexions avec l’Europe.
ÉTUDES DE CAS
Trafic de cocaïne vers la France
Explorez six études de cas retraçant les routes de la cocaïne à travers l’Amérique latine, les Caraïbes, l’Afrique et l’Europe du Sud. De la Colombie et de l’Amazonie aux territoires français d’outre-mer, au Sahel et à la Méditerranée, elles montrent comment les routes et les réseaux criminels s’adaptent à mesure que la cocaïne se dirige vers la France et l’Europe.
Prochainement dans Corridors de la cocaïne :
Les prochains rapports examineront le trafic de cocaïne en Colombie, dans les Petites Antilles, au Suriname et en Guyane française, ainsi qu’en France, en retraçant l’évolution des routes et de leurs connexions avec l’Europe
À propos de la GI-TOC
La Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) est un réseau de professionnels qui travaillent en première ligne face aux économies illicites et aux acteurs criminels. Grâce à un réseau mondial d’observatoires de la société civile sur les économies illicites, nous suivons l’évolution des tendances, contribuons à renforcer les données probantes pour orienter les politiques publiques, diffusons l’expertise de notre réseau et favorisons des réponses multisectorielles et globales face à différentes formes de criminalité. Par l’intermédiaire du Fonds pour la résilience de la GI-TOC, nous soutenons des acteurs communautaires et des organisations non gouvernementales locales qui travaillent dans des contextes où la gouvernance criminelle compromet gravement la sécurité et les perspectives de vie des populations.
Ce projet a été développé par l’Observatoire des Caraïbes, l’Observatoire du crime organisé en Europe et l’Observatoire des économies illicites du bassin de l’Amazone de The Global Initiative Against Transnational Organized Crime (l’Initiative mondiale contre la criminalité organisée transnationale, GI-TOC). S’inscrivant dans le cadre de l’analyse plus large menée par la GI-TOC sur le trafic de drogues transatlantique, ce projet a été financé par la MILDECA, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives du gouvernement français, placée sous l’autorité du Premier ministre.
